Lettre à la jeune maman, compagne et professionnelle que j’étais il y a vingt ans
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Chère Geneviève,
Je t'écris du 22 mars 2024.
Voilà quelques considération, peut-être utiles, certainement tardives, pour t'accompagner pendant les vingt années à venir.
La maternité est à la fois sublime et terrible. Tu alterneras entre des hauts et des bas pas toujours prévisibles. Accepte le paradoxe plutôt que de t’attacher à avoir du sublime ou du parfait en permanence et de te sentir coupable quand ce n’est pas le cas.
Passe plus de soirée à profiter de ta famille plutôt qu’à préparer le repas impeccable sur le plan nutritionnel. Organise des anniversaires d’enfant très minimaliste (c’est moins cher et de toute façon, ce sont les moments avec les copains qui restent).
Laisse tomber les gâteaux, sirops ou confitures maison,bsauf si ça te fait vraiment plaisir. L’important est de distinguer ce qui t’éclate de ce que tu pense devoir faire parce que c’est ce qu’une mère dévouée est supposée faire.
Passe moins de temps à ranger et nettoyer. La lessive, la vaisselle, l’ordre sont des cycles, ça n’est jamais fini. C’est OK si c’est suffisant pour que tout le monde soit habillé, en sécurité et que ce soit raisonnablement salubre. Rien ne peut ni ne doit être parfait. Tout est en changement constant.
Les phases affreuses finissent par passer (sur le moment, ça reste long).
Dis "Non" plus souvent, surtout si c’est un truc que tu es supposé faire, un « il faut/je dois ». Au boulot, en famille, avec tes amis. On va t’aimer quand même. Et au boulot, ils vont peut-être t’aimer moins, mais ils vont s’en remettre et ils vont peut-être apprendre plus.
Choisis tes batailles, surtout au niveau professionnel. Avoir raison trop tôt peut coûter cher. Vouloir avoir raison est souvent une bataille inutile.
Ce n’est pas parce que tu as « les capacités » (on t’a bassinée toute ton enfance avec tes capacités, sans vraiment te demander ce que tu voulais EN faire), ce n'est pas parce que tu peux le faire, que tu dois le faire. Fais des choix qui te correspondent. Et si tu te plantes, ça n’est pas grave. Peu de choix sont absolument définitifs.
Travaille moins, mais mieux, de manière plus stratégique. Ne ramène pas les aspects toxiques de ton activité profesionnelle à la maison.
Prends le temps d'explorer qui tu es hors d’un couple ou du désir d’être en couple. Il est possible que tu découvres un océan de liberté, d’espace et de temps. De cet endroit, regarde ce que tu souhaites dans une relation amoureuse.
Si tu te sens mal, si tu détestes qui tu es dans une relation de couple ou d’amitié, tire-toi.
Apprends la patience. Tu n’as pas besoin de savoir tout de suite, tu ne dois pas toujours répondre ou décider rapidement. Certaines choses prennent leur temps et il ne sert à rien de pousser comme un bourrin. Tu vas t’épuiser.
Tu n’as pas besoin d’enchainer les jobs, les missions, les aventures, les formations, les expériences. L’intensité est une addiction. Gère ta consommation.
Apprivoise le vide et l’incertitude. Ce sont tes alliés si tu apprends à danser avec elles.
Demande plus souvent de l’aide et laisse-toi soutenir. La« Femme indépendante et forte » en toi est une garce qui ne veut pas nécessairement ton bien. Tu ne dois pas tout gérer en solitaire (même si ça permet l’illusion du contrôle).
Chéris et chouchoute tes amis. Ils seront là quand rien n’ira.
Prends soin de ton corps avec une douce discipline et beaucoup de tendresse. C’est ton véhicule pour cette vie, pas une entité à maltraiter, négliger ou régenter (en alternance).
Picole moins.
Les attentes sont un poison dans les relations humaines. Pars de ce qui se passe plutôt que de te lamenter sur le fait que ça ne devait pas se passer comme ça, que tes attentes sont « déçues ».
Fais confiance à tes enfants. Fais moyennement confiance au système scolaire.
Apprends à tes filles à devenir les personnes qu’elles veulent être. Montre-leur le chemin en ouvrant la voie.
Ne te prends pas au sérieux. La vie est une vaste plaisanterie, avec une bonne dose d’humour noir.
Tu vas y arriver, même quand c’est vraiment la merde, même quand tu n’en peux plus de te relever, même quand c’est trop.
Affectueusement,
Geneviève
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