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Cancer et alimentation : guide pratique basé sur mon expérience

16.10.2023
Cancer et alimentation : guide pratique basé sur mon expérience

Alimentation et traitement contre le cancer 

Au début de mon traitement (qui a duré 15 mois), les médecins m’ont tous dit la même chose : faites-vous plaisir en ce qui concerne l’alimentation. C’est un peu court. La problématique me semble plus complexe.

L’impact de l'alimentation sur le traitement du cancer

D’une part, je pense que la nourriture joue un rôle important dans la gestion des effets secondaires des chimiothérapies. D’autre part, je suis certaine qu’un organisme mal nourri (de nourriture qui vous fait plaisir, mais dont la valeur nutritive est discutable) va mal résister aux assauts des divers traitements. Il sera plus faible et dégradé. Enfin, il existe diverses approches visant à affamer les cellules cancéreuses ; la plupart des oncologues sont sceptiques à leur égard. Elles sont toutefois intéressantes à prendre en compte. Ainsi, le régime cétogène (c’est-à-dire que les apports glucidiques sont réduits au minimum) offre des pistes intéressantes sachant que les cellules cancéreuses se nourrissent de sucre. Le rôle du microbiote dans le développement et la lutte contre le cancer reste encore mystérieux.

Concrètement, voilà ce que j’ai fait : 

Mes conseils nutritionnels pendant et après un cancer 

Éliminer ou réduire le gluten 

Le gluten est un inflammatoire potentiel (je sais, c’est disputé) et sa digestion prend passablement d’énergie (vous connaissez cette sensation de lourdeur après une pizza? C’est votre système digestif en train de s’attaquer au gluten, mélangé au fromage). Et de l’énergie, vous n’en avez pas beaucoup pendant une chimiothérapie. Autant la consacrer à autre chose qu’à digérer.

Prioriser les fruits et légumes

Manger beaucoup de fruits et légumes (quand c’est possible). La première phase de la chimiothérapie constipe terriblement (cyclophosphamide et anthracycline et une lourde prémédication pour éviter les réactions allergiques et limiter les nausées). Il vous faut donc beaucoup de fibres. Et de toute façon, un apport régulier de sels minéraux et de vitamines est essentiel.

Éviter la friture

La friture est difficile à digérer et demande donc beaucoup d’énergie. Par ailleurs, dans la phase 2 de la chimiothérapie, ça me donnait systématiquement la diarrhée.

Régime cétogène et impact sur la chimiothérapie

Le régime cétogène consiste à couper toute source de glucides (lents et rapides), au bénéfice d’un apport important de lipides nobles (pas les frites) et de protéines (légumes verts, œufs, viande, amandes, noisettes, etc.). Un régime cétogène strict peut être suivi pendant trois jours autour des séances de chimiothérapie de la phase 1 (deux jours avant, un jour après), dans l’idée de protéger les cellules saines des effets de la chimiothérapie car elles vont se mettre en « sommeil » en l’absence de sucre et apprendre à fonctionner en utilisant des lipides. Les cellules cancéreuses n’auraient pas cette capacité et seraient affaiblies par un régime cétogène. Par ailleurs, le régime cétogène permettrait de limiter les effets secondaires de la chimiothérapie. 

Concrètement, je ne sais pas si cette théorie fonctionne. Mon constat est que j’ai peu souffert de nausées et que j’ai réussi à manger tout au long du traitement, ce qui n’était pas vendu d’avance.

Apport protéique et anémie

Veiller à un apport de protéine régulier : j’ai perdu cinq kilos pendant la chimiothérapie (10% de mon poids). La perte de poids entraîne fatalement une perte de masse musculaire, qui sera empirée si l’apport en protéines est insuffisant. La chimiothérapie provoque également une anémie (forte dans mon cas). Un apport en fer est important, la viande rouge étant une des sources les plus efficaces et assimilables. J’avais d’ailleurs une terrible envie de steak pendant toute la chimiothérapie (qui est totalement passée ensuite. Je suis quasi végétarienne aujourd’hui).

Limiter fortement les sucres rapides 

Ils ont un effet inflammatoire sur l’organisme et à l’origine d’une véritable addiction au niveau de l’organisme, avec des effets yoyos en termes énergétique (le fameux pic glycémique suivi d’un gros coup de barre). De plus, comme déjà indiqué, on soupçonne fortement que les cellules cancéreuses carburent au sucre et il me paraît sensé d’en limiter la consommation. J’ai continué à manger du chocolat, choisissant une haute teneur en cacao. Comme c’était l’été, je me suis aussi gorgée de petits fruits. 

Réduire la consommation de produits laitiers

En ce qui me concerne, cela faisait déjà un certain temps que j’avais identifié les produits laitiers provenant de vaches comme étant une source de maux digestifs divers. J’ai poursuivi mes efforts pour en manger le moins possible. En outre, il n’est pas exclu, selon certaines recherches, qu’une consommation importante de produits laitiers de fabrication industrielle puisse favoriser le développement de cellules cancéreuses. Le lait de vaches provenant d’élevages intensifs a une composition différente (plus nocive) de celui de vaches « heureuses ». Laissez tomber cette industrie cruelle et contre-nature. Pensez à acheter du fromage d’alpage ou de producteurs locaux. Mangez des produits laitiers à base de lait de chèvre ou de brebis, qui sont plus digestes.

Limiter le café

Le café est également un inflammatoire et il acidifie l’organisme. En ce qui me concerne, ça n’a pas été compliqué. Après quelques semaines, l’odeur du café me donnait la nausée (comme pendant mes grossesses, curieusement).

Limiter l’alcool

ça devrait être facile. L’alcool et la chimiothérapie font mauvais ménage. Les vins que vous adoriez vont avoir un goût infect et vous risquez de payer cher quelques verres d’alcool. Et ça n’est pas recommandé par la communauté médicale : votre organisme est déjà suffisamment rempli de substances toxiques pendant une chimiothérapie. Pas besoin d’en rajouter. Enfin, le traitement provoque une ménopause chimique, avec tout ce qui va avec, y compris les fameuses bouffées de chaleur, qui sont magnifiées par l’alcool. Last, but not least : la consommation régulière d’alcool est considérée comme un des facteurs de risque pour le cancer du sein selon l’OMS (ce que j’ai découvert après mon cancer. A ma décharge, la publication de l’OMS date de 2021).

aliments sains et anti cancer disposés en forme de coeur

Adapter vos préférences alimentaires 

La chimiothérapie peut modifier votre goût et votre odorat de manière importante (comme une grossesse). Des aliments que vous aimiez vont vous paraître infects. Essayez des cuisines différentes. Pour moi, la cuisine asiatique (non épicée) dans toutes ses déclinaisons a été ma planche de salut. J’ai redécouvert avec ravissement la cuisine vietnamienne, qui a de multiples qualités : ça n’est pas nécessairement très épicé, c’est souvent mou (essentiel avec une bouche ravagée), ça a un goût différent, c’est sain.

Manger peu épicé 

La chimiothérapie attaque souvent la bouche : aphtes, goût modifié, hypersensibilité. Le piment ne va pas être votre ami. Le fromage corsée non plus. Je me rappelle avoir pleuré après une soupe thaï légèrement relevée.

Soigner l’apport en nutriments

Prendre des oméga 3 et 6 afin de nourrir la peau et les muqueuses, qui sont desséchées par la chimiothérapie. Les oméga 3 sont présents dans les huiles de poisson. J’ai pris et je prends encore des capsules Omégabiane DHA + EPA et de l’huile d’onagre (oméga 6). 

Adapter son alimentation selon les circonstances

Manger ce qu’on peut! Il y a eu une phase à la fin de la 2e phase de la chimiothérapie dans laquelle j’ai mangé ce que je pouvais, c’est-à-dire qui ne m’agressait pas la bouche et qui ne provoquait pas de diarrhée. Peu importait sa valeur diététique. Faites au mieux. C’est déjà beaucoup. 

Vers une alimentation consciente et équilibrée

Faites-vous plaisir, oui, mais dans le respect de votre corps qui est en train de traverser une zone de turbulence importante. Et pour celles qui auraient tendance à prendre du poids pendant le traitement (ce qui arrive souvent), une attitude consciente devrait vous permettre de limiter les dégâts.

Le cancer m’a fait réexaminer de manière critique ma façon de me nourrir (alors que je pensais en toute honnêteté déjà avoir des habitudes alimentaires saines). Le lien entre nourriture et maladie me parait évident (et je sais que c'est disputé pour le cancer). Il n’est pas possible de continuer avec les mêmes habitudes alimentaires pendant et après un cancer, même pour une personne qui n’a jamais eu de problèmes de poids. 

Particularités du cancer du sein HER2-positif

Les recherches sur le cancer du sein HER2-positif (qui implique une mutation génétique de certaines cellules du sein, entraînant une surexpression du gène HER2. Ces cellules mutantes vont se multiplier de manière rapide et incontrôlée) n’ont pas permis de mettre en évidence une origine déterminée. Les chercheurs pointent toutefois vers une combinaison d’éléments liés à l’environnement, au style de vie (y compris l’alimentation) et au bagage génétique (ce cancer n’est pas pour autant héréditaire). Un des éléments que je peux influencer directement est la façon dont je me nourris.

L’influence du cancer sur ma propre alimentation.

Je mange désormais de manière plus diversifiée, avec moins de glucides, plus d’aliments complets. Je suis devenue flexitarienne (je mange parfois du poisson, rarement du poulet et quasiment jamais de la viande rouge). Je me sens beaucoup mieux, dans mon corps et dans ma tête. Et c’est un des moyens les plus rapides en termes d’effets positifs sur votre balance carbone. 

Je sais que ce changement a été relativement facile pour moi car j’ai un rapport peu affectif avec la nourriture et j’ai les moyens financiers de le faire. Je suis consciente que cela n’est pas le cas de tout le monde. Je ne peux que vous encourager à revisiter votre relation avec les aliments pour entamer une petite révolution. Observez comment votre corps réagit à certains aliments et suivez votre instinct pour déterminer ce qui vous fait (vraiment) du bien. Vous allez traverser des phases pendant lesquelles le simple fait de manger va être une bataille. Il va falloir tâtonner, se tromper, essayer autrement, jour après jour, sans se raccrocher à ses habitudes. 

PS1: ceci n’est pas un avis médical ; c’est uniquement un partage d’expérience. Vérifiez avec vos médecins si ce que vous voulez faire ou essayer est compatible avec votre traitement.

PS2: je ne suis sponsorisée par aucune des marques citées dans ce document. Je vous indique ce qui a marché pour moi et que j’ai pu trouver en Suisse. C’est tout. 

PS3: si vous souffrez ou avez souffert de troubles alimentaires, faites-vous accompagner dans vos changements d’habitudes alimentaires. 

Coaching pour personnes atteintes de cancer 

Vous êtes atteint.e d’un cancer et cherchez un accompagnement plus complet afin de gérer au mieux cette épreuve difficile et toutes ses implications? Je suis là pour vous aider, avec un coaching basé sur mon expérience personnelle et mon expertise professionnelle, en toute bienveillance.

N’hésitez pas à me contacter pour en parler!

Mon Cancer et moi

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